Limites ou abondance ?

Quelles limites ? Les limites de la croissance ?

Quelle croissance ?

L’abondance ! Quelle abondance ?

ou Des limites du gaspillage à l’abondance de la vie sans limite !

Rapport Meadows : Les limites à la croissance (1972)

En 1968, au moment où naissait les mouvements écologistes, un mois à peine avant Mai 1968 en France, naissait le Club de Rome. Groupe de réflexion qui allait 4 ans plus tard changer notre vision collective du monde. En effet, des scientifiques même vertement controversés, des trentenaires, tout à coup apportaient la preuve de l’impasse dans laquelle le monde, l’occident se dirigeait. A travers ce rapport Meadows, du nom de deux de ses auteurs les plus célèbres, la preuve était faite de l’impact négatif pour la vie sur Terre de la consommation et de la croissance exponentielle de la consommation vers laquelle tendent nos sociétés industrielles.

Puisque nous allions atteindre rapidement les limites des ressources de la planète Terre, les mouvements écologistes se sont emparées du sujet en souhaitant imposer une auto-limitation des ressources utilisables par chacun. Il est vrai que j’y ai moi-même souscrit pendant de nombreuses années.

Prendre conscience de l’impact de nos choix alimentaires, de nos choix de consommation d’objet plus ou moins utiles, plus ou moins indispensables, de notre façon de nous habiller, de construire notre maison, de travailler. Bref cette conscience collective de l’écologie, fondée sur l’auto-limitation, de notre façon de vivre devient de plus en plus importante et partagée chaque jour.

Solution au Pic Pétrolier (2005)

En Février 2005, je découvre, ce qui n’était pas un sujet de conversation répandu dans le milieu de l’écologie, ou plutôt parmi les personnes qui se questionnent sur l’impact qu’ils ont sur notre planète Terre, qu’ils soient écologistes ou pas. Je découvre le Pic Pétrolier.

Alors très consciente du rôle central du pétrole dans l’organisation de notre société, à travers la production de l’alimentation, le système de santé, la construction, le transport, l’énergie disponible bien sûr, … bref tous les pans de la société, donc l’économie mondiale. Je comprends immédiatement notre immense vulnérabilité !

Cette découverte me bouleverse !

Après plusieurs très longues semaines, plongée dans un état de panique important suite à cette nouvelle, une sorte d’espoir diffus fini par naître jour après jour. Oh un espoir extrêmement maigre, plus petit même qu’un germe de réflexion au tout début. Pourtant, quelque chose en moi, germe petit à petit & prend forme depuis cette découverte en février 2005, où je réalisais l’existence de ce fameux Pic Pétrolier.

En effet, depuis ce jour-là, je cherche. Je cherche la solution. La solution ! Quelle solution ?

La solution pour ma famille et moi-même, d’abord, puis pour mes voisins & nous, puis pour nous tous. Il est évident que nous ne pouvons pas attendre sans rien faire qu’une catastrophe arrive.

La Permaculture (2007)

D’abord comprendre qu’il ne s’agit pas d’un arrêt brutal de la disponibilité du pétrole mais d’une baisse progressive ! Qu’ensuite des solutions existent. La première que je découvre, notre capacité à nous nourrir gratuitement de la nature, la réalisation d’un potager, la culture sur buttes & dans sa suite logique : La Permaculture !

Je découvre alors bien mieux que la production agricole biologique et même agro-biologique. Mieux qu’une production exempte de produit chimique, je découvre la Permaculture !

Un système de conception des organisations humaines. Un quoi ? Une façon d’organiser les éléments d’un système que ce soit un système de production alimentaire ou un système humain ou une bio-région. Nous nous percevons tellement extérieur à la nature que nous avons pris l’habitude d’agir comme si elle n’existait pas, comme si les humains vivaient en dehors des lois de la nature. La Permaculture se replonge quant à elle au cœur des systèmes vivants, qu’ils soient végétal, animal ou humain. C’est l’organisation des élément d’un système (un ensemble d’éléments géographiquement délimité : une maison, un appartement, un territoire, le potager, la réserve d’eau, la production d’énergie, …) basée sur la connaissance des lois, de l’écologie, la dynamique des systèmes, eux-mêmes et entre eux. Permettant ainsi de générer des interactions positives, des économies d’énergie.
Une façon de concevoir, d’imaginer, de planifier, de façon éthique et efficace. Être éthique et efficace dans tous les actes de notre vie.

Être éthique et efficace dans nos actions de tous les jours ?

C’est depuis cette découverte au printemps 2007 que j’applique petit à petit cette science de la conception.

Comment être éthique et efficace dans nos actions de tous les jours ? Vaste programme !

Avec les moyens à ma disposition, j’initie avec d’autres permaculteurs & permacultrices un collectif, je développe une activité professionnelle, j’expérimente l’usage des Plantes Sauvages Comestibles par la récolte puis leur introduction dans un jardin. J’observe, je pose mon attention sur leur apparition spontanée dans mon système, chez moi, leur intérêt dans ce système. Les interrelations entre les plantes, mon intérêt pour elles, l’évolution observée du jardin. Et surtout je partage mes connaissances de la Permaculture !

Or être formateur-formatrice demande de se remettre en question tout le temps. Cela demande de découvrir comment l’esprit de notre interlocuteur, de nos interlocuteurs, fonctionnent. A chaque fois c’est le challenge, comment voient-ils-elles, percevoir ce message tellement puissant que porte, qu’apporte la Permaculture ? Comment puis-je participer à la diffusion de ce message ? Comme participer à une compréhension plus complète sur l’ampleur des conséquences positives de cette science de la conception. Permettre, comme à la façon de la découverte de la saveur extraordinaire d’un fruit récolté à la meilleure maturité qui soit et dégusté immédiatement, gorgé de soleil, ce moment où notre corps & nos papilles font Waouh ! Permettre aux participants de faire ce waouh régulièrement, lorsque l’on comprend la portée de ce que l’on vient de nous expliquer. Mon objectif est là !

A travers ce partage qui prend de l’ampleur au fil des mois, des années, je fais donc de nouvelles découvertes, de nouvelles relations. Je comprends la portée d’un concept, d’une idée développée par l’éthique, par les principes, par les stratégies de la Permaculture. Tout ça est d’ailleurs bien plus importants que les techniques elles-même.

La consommation ou les cycles de vie ?

Et là, imprégnée des concepts de la Permaculture, regardant le documentaire d’Arte dédié au rapport Meadows je viens de faire waouh ! Rien que ça !

Ils se sont trompés ! Tout ce qu’ils disent est vrai mais ils se sont trompés !

Je réalise que les résultats d’une équation dépendent de l’hypothèse de départ. Comme en physique, ou en mathématique, une équation, une réalité, n’est vraie que dans un système donné. Il faut toujours établir les hypothèses de base. Et là, les hypothèses de base de ce rapport sont que la croissance est liée à la consommation d’énergie fossile et de ressources fossiles, qui elles-même génèrent des pollutions. C’est vrai, c’est tout à fait vrai ! On n’y croit ou pas, que nous soyons climato-septique, ou que sais-je, mais le propos n’est pas là !

Reprenons donc la question posée en 1968, pouvons nous continuer à vivre de plus en plus nombreux sur Terre ? Pouvons-nous continuer à améliorer notre mode de vie ?

Notre problématique, n’est pas celle de savoir si notre consommation est destructrice ou pas. Notre problématique est de savoir si les êtres humains sur Terre peuvent croître ? Si les ressources de la planète seront suffisantes pour tous & pour la croissance de notre mode de vie ?

Exit le discours sur la pollution, sur les crises et du même coup sur la décroissance ?

En effet, aujourd’hui notre façon de produire, quelque produit que ce soit, consiste à aller puiser dans le sol, à le fabriquer, à l’utiliser de moins de temps possible et à le jeter, le rendre indisponible. Nous avons appris que c’était très vilain que nous abîmions la planète en agissant comme ça. Certes cette façon de concevoir la production est particulièrement nocive pour la vie sur Terre donc pour nous même. Mais l’important n’est pas là !

Et c’est là où la Permaculture m’a permis de prendre conscience que la production elle-même n’était pas importante. Ce qui est important c’est comment la production est réalisée !
Ce n’est pas nouveau me direz-vous ! Et bien si.

Il ne s’agit pas de savoir si la production est réalisée à partir de matériaux sains ou polluants, avec ou sans pétrole, avec ou sans matière première rare.

Il s’agit de savoir :

* Si la production fait partie d’un cycle de vie ou pas.

* Si ce cycle de vie permet son renouvellement dans le temps d’usage qu’il a.

* Et enfin si ce cycle de vie est complexe !

Exemples

Les transports

Aujourd’hui les transports sont les plus gros consommateurs d’énergie fossiles et de très gros consommateurs de ressources fossiles, sans oublier l’obsolescence programmée. Aujourd’hui voitures, camions, avions sont produits & fonctionnent avec une quantité de plus en plus importante de ressources non renouvelables & souvent avec beaucoup de gaspillage, pour des durée d’usage de plus court.

Autrefois, les transports étaient assurés par le cheval et différentes charrettes, carrosses ou autres. Tout cet ensemble peut faire partie d’un cycle, l’ensemble des éléments de ce système se régénère. Nous pouvons donc complètement imaginer autant de charrettes à cheval que nous le voulons, pour une population de plus en plus importante, l’impact de ce transport est & restera négligeable sur la planète. Pourquoi ? Un cheval se reproduit. Un cheval se nourrit d’éléments renouvelables, produit de la fumure, donc permet un retour à la Terre de son carburant. Les charrettes sont construites en bois avec des tissus et rembourrages qui à l’origine étaient végétaux, donc renouvelables et faisant parti du cycle de la vie. Et il n’y a besoin qu’une très faible quantité d’énergie pour produire les métaux nécessaires à la fabrication de la charrette et du harnachement. Donc au contraire d’aujourd’hui, plus je me déplace plus je produis de la matière vivante, de la fumure et donc de l’humus ! Donc de la fertilité !
Pourquoi ne pas orienter les recherches vers des transports qui répondent à ces critères ?

D’autres recherches s’orientent vers des moyens de transport loués par les fabricants eux-mêmes, impliquant ainsi un renversement de la tendance pour l’obsolescence de plus en plus courte. En effet, un fabricant qui loue les produits de sa fabrication a tout intérêt à

  • * construire solide,
  • * respecter la demande de ses clients. Or le client final est de plus en plus pour un respect de l’écologie de la planète
  • * préférer la réparation donc à concevoir en ce sens
  • * une carburation la plus minime qui soit et la plus propre si c’est la demande du client

La production alimentaire

Coté production alimentaire, aujourd’hui l’agriculture conventionnelle est particulièrement dépendante de l’énergie fossile & des ressources minières disponible en grande quantité et pas chères. La Permaculture, permet de produire une alimentation suffisante pour la population d’aujourd’hui et celle de demain. Car ce mode d’organisation de la production, associé à des techniques efficaces, utilisent la puissance de la nature pour produire. Par ailleurs, la Permaculture se préoccupe aussi d’organiser les villes & les villages afin qu’ils soient plus efficaces qu’aujourd’hui. A la façon des villes européennes, les villes incluent la production alimentaire dans leur périmètre en s’entourant de ceintures vertes, à la façon des murs à pêche de Montreuil. Alors même si la population grandit, si l’organisation même de la ville est intégrée aux cycles de vie, celle-ci n’aura pas un impact important sur la planète. Au contraire, plus je me nourris plus je participe aux cycles de vie !

Le soin & la santé

Coté soin, lorsque l’on s’intéresse à l’alimentation & à la régénération, il tombe sous le sens que des populations bien nourries, non pas en quantité, mais selon les lois de la physiologie humaine, n’ont pas besoin de plus que des plantes pour se soigner. Certes les accidents demandent un peu plus de technologie. Cependant, le recours à la technologie peut-être vraiment réduite. Seuls restent indispensables quelques outils diagnostic (radiographie & analyses médicales) et quelques salles d’opération. N’oublions pas que  les médecins de famille avaient autrefois la capacité de diagnostiquer bien des maladies grâce au toucher, à l’observation de leur malade et à l’odorat. Sachant aussi qu’il est reconnu que la santé publique d’un pays est liée à l’alimentation et à l’hygiène. Or l’hygiène consiste simplement à ne pas mélanger les déchets en décomposition à l’alimentation. Le simple fait d’avoir des lieux différents et adaptés pour cela, suffit. Se laver les mains régulièrement en passant de l’un à l’autre aussi. Pour ce qui est des maladies de civilisation comme leur nom l’indique elles sont appelées à disparaître dans un système où je me nourris selon les lois de la physiologie & de fait les pollutions disparaissent. Plus je me nourris selon les lois de la physiologie, plus je suis en bonne santé, plus je me sens heureuxSE et plus je peux me passer des moyens technologiques de la médecine !

La construction & l’habitat

Construire avec des ressources locales et renouvelables est tout à fait faisable et même souhaitable. Là aussi quelque soit le nombre de maisons, l’impact sur la Terre est faible. Avez-vous fait l’expérience d’entrer dans une maison construite avec de la terre, de la paille, du bois ?

Bref, pour chaque domaine de la vie il est tout à fait envisageable d’être plus nombreux sur Terre sans la polluer, et donc de vivre dans la croissance. Plus nous vivons, plus nous mangeons, plus nous construisons, plus nous nous déplaçons plus les cycles de vie fonctionnent et plus nous enrichissons la Terre !

C’est donc uniquement une question de choix ! Pas un choix d’auto-limitation mais un choix d’être dans le cycle de la vie ou pas ! Un choix de vie dans l’abondance de la nature ou pas !

Pourquoi ferais-je le choix de cette abondance ?

Installez-vous confortablement dans votre siège, vous aimerez peut être mettre vos pieds à plat sur le sol.

Focalisez votre attention sur le moment présent, en étant conscient des sons qui vous entoure, et en suivant le rythme de votre respiration, aller & venir. …

Vous allez faire un voyage, vers un futur possible pour vous & votre communauté, pour explorer ce que le monde pourrait être, en étant guidé par ce processus et votre imagination…. :

Imaginez que vous vous endormez ce soir dans votre lit…

Et pendant que vous dormez, un miracle arrive, et vous êtes transporté en avance dans le temps au jour où la transition est plus ou moins arrivée, les changements que sont nécessaires pour une présence soutenable sur la planète sont survenus, et vous êtes sur le point de vous réveiller dans ce monde différent. …

Imaginez maintenant que vous vous réveillez et commencez les choses habituelles que vous faites, et remarquez juste, quelle est la première piste que vous avez pour voir que quelque chose est différent ? Est-ce un son, ou un manque de son ? Est-ce la lumière ? Quelque chose dans le lieu où vous vous réveillez ? …

Laissez juste votre imagination vous donner des images, sans essayer de réfléchir avec votre tête. Laissez simplement les sensations, odeurs, sons et vues apparaître dans votre conscience. …

Alors laissez votre imagination vous montrer comment vous démarrez votre journée dans ce monde différent. Que faites-vous ? Quels habits mettez-vous ?

Qu’est-ce différent sur le lieu ? Où vous êtes ?

Vous allez vous trouver quelque chose à manger. Où faites-vous cela ? A quoi ressemble la nourriture ? Y-a-t-il quelqu’un avec vous ou êtes vous seul (e) ? Quels sont les parfums et sons dans l’endroit où vous mangez ? …

Et maintenant vous allez aller dehors, à votre activité journalière. Laissez des images apparaître pour cela. Qu’est-ce que cela fait de sortir ? Comment est-ce différent d’où vous habitez maintenant ? C’est peut être pratiquement pareil, mais quelque chose dans l’air est différent ? Les odeurs, les sons ? …

Imaginez-vous à votre lieu de travail. Que faites-vous ? Y-a-t-il d’autres choses ici ? Laissez-vous simplement du temps pour remarquer certains détails. …

Peut être vous avez une conversation avec quelqu’un d’autre. Que remarquez-vous de cette personne, comment se voient-ils dans leur corps ? Que remarquez-vous de l’expression de leur figure ? Quelle est la qualité du lien que vous avez avec eux ? Comment pouvez-vous savoir qu’il s’agit d’une conversation future et non pas une de 2014 ?

Laissez simplement le temps passer dans ce monde futur, alors la soirée arrive. & ainsi de suite …

Quel beau rêve n’est-ce-pas ?

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2 réponses

  1. mariejo dit :

    merci pour ce bel écrit, il rejoint tout à fait mes conceptions et c’est cela qui est fabuleux, nous sommes de plus en plus nombreux à mettre en place ce qu’il faut pour être dans le cycle de la vie!

    • Véronique dit :

      Merci Marie Jo pour ton commentaire. Participer, œuvrer pour le cycle de la vie permet de se sentir plus légerE, et d’avoir foi en l’avenir.
      Belle journée à toi

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